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MessageSujet: Mes Rps en avance Jeu 27 Avr - 0:01
Admin
 
 
Ce qui a été peut-il être encore être au-delà de la mort ?  
 
 

Demeure Rookwood,
Rome,


Nous ne savions pas que vous seriez là-bas ! Comment aurions-nous seulement pu le savoir ?!
Ah parce que cela aurait changé quoique cela à vos plans foireux peut-être ? Tu te fous de ma gueule ? Oses seulement me dire que votre putain de réseau n'aurait pas lancé son attaque s'il avait su que Sarah et moi étions présents à cette soirée !

Le silence, presque plus furieux encore, qui retombait entre cette femme et cet homme qui s'opposaient si franchement... et se ressemblaient tant dans leurs emportements que je ne pus que m'en sentir que plus mal à mon aise encore. Ces langues acérées et piquantes qui étaient les leurs et qui déversaient, sans jamais prendre de gants, les plus cinglantes des vérités. Gaïa avait hésité. Le mensonge lui poserait-il problème ? A moins que ce ne soit à nous qu'elle répugne à mentir ? J'aurais opté pour cette solution là. Hélas... Ce lien filial qui nous unissait et qu'elle, comme tant d'autres, semblaient si désireux de voir se renouer... Ce sang que nous partagions... Cette femme s'entêtait à voir en Ethan et moi ces parents qu'elle avait perdu trop vite. Trop brutalement surtout. Ces parents que, pourtant, nous n'étions pas. Ou pas vraiment. Ou plus....

Non, cela n'aurait rien changé.
Sans blagues ?!
Mais la question serait plutôt de savoir ce que Maman et toi faisiez là-bas ! Une soirée donnée par l'Ordre ? Vraiment  Papa ?
Cela ne vous regarde pas ! Et cesses de m'appeller   « Papa »  ! Je ne suis pas ton père !

Se rendaient-ils seulement encore compte de ma présence à leurs côtés ? J'en doutais fortement. Et je doute qu'aucun des deux ne me vit retrousser mon petit nez en croisant mes bras sur ma poitrine tandis que mes lèvres laissaient exhaler le plus exaspéré des soupirs. Ils comptaient continuer longtemps ainsi ? Apparemment, oui.

Mais c'est pourtant ce que tu es ! Et elle est ma mère !

Tiens, je me trompais :  apparemment j'existais encore vu que celle qui était bien plus âgée que moi mais me prenait toujours pour sa génitrice me pointait de son doigt tremblant d'émotions. Quel âge pouvait-elle bien avoir ? De nouveau la migraine qui me reprenait et me contraignait à poser mes petites fesses sur le petit guéridon derrière moi. Ses cheveux aussi blonds que les miens commençaient à  se parer de leurs plus argentés filaments et, sur sa peau de pêche, les premières ridules apparaissaient déjà. Elle était encore bien belle... et, l'espace d'une seconde, je sentis mon cœur meurtri et perdu, se gonfler de la plus pure des vanités. Notre fille était sublime... Ma tête qui retombait lourdement sur ma poitrine quand, si violemment, la réalité revenait me heurter de plein fouet et que, de façon presque inconsciente, ma main vint se poser sur mon ventre. Si longtemps si plat.... Si longtemps si désespérément vide... Mais...

Ne montres pas du doigt ! C'est grossier et même vulgaire !

Paroles dignes d'un père, non ? De ce père qu'Ethan aurait tant désiré être sans que je ne parvienne à le lui permettre jusque là... De ce père que Kiriel, en revanche et en l'occurrence, n'avait, lui, pas eu la moindre difficulté à devenir...

Maman... Pourquoi tu ne dis rien ? Maman !

Hein ? C'est bien à moi qu'elle s'adressait, là ? Maman... Combien de fois m'étais-je imaginée être appelée ainsi... Combien de fois rêvais-je encore de m'entendre appeler ainsi... Mais,,dans mes songes visiblement proches du fantasme, c'était une petite fille aux boucles brunes et aux yeux de saphir qui le faisait... pas une femme accomplie qui, comble de l'ironie ou du ridicule, avait au moins le double de mon âge ! Oh mon dieu, mon diable ou même Merlin... Putain ce que cela faisait bizarre ! Ce que cela pouvait être déstabilisant, surtout... Je relevais à peine le regard vers elle que, déjà, Ethan s'interposait entre nous deux. Sa main qui passa dans son dos et venait s'emparer d'autorité de la mienne pour la serrer à, presque, m'en faire craquer les articulations. J'étais supposée répondre à Gaïa ? Mon compagnon le fit pour moi.

Sarah n'est pas ta mère bon sang ! Combien de fois faudra-t-il encore que je vous le répète à ton frère et toi ? Nous ne sommes pas vos parents !
Et toi, combien de temps encore continueras-tu à te mentir ? Tu es mon père ! Elle est ma mère ! C'est un fait !

A ce  rythme là nous n'étions pas sorti de l'auberge... Vous l'êtes... Non, nous ne le sommes pas... Si... Non...

Kiriel et Candy étaient vos parents !
Mais vous êtes Kiriel et Candy !

L'impression que le monde s'ouvrait sous moi et désirait m'engloutir comme si je n'avais jamais été qu'une vulgaire friandise. Un bonbon. La fille au prénom de bonbon... C'est ainsi que certains m'avaient appelée dans ma première vie, non ? La jolie petite poupée … Perle de pureté... C'est comme cela que Jeremiah me désignait, lui. Jeremiah... Ces escarbilles d'une vie passée qui venaient brûler mon âme et ma cervelle... Et ces larmes qui se mirent à perler à mes yeux sans même que je ne le réalise. Et ma voix qui, enfin, s'élevait dans l'espace de ce salon où nous étions depuis ce qu'il me semblait être une éternité, réunis.

Non. Nous le sommes plus. Nous avons cessé de l'être au moment même où, l'un comme l'autre, nous sommes morts.

Leurs bouches qui, en une parfaite synchronicité, se fermaient enfin. Leurs regards, qui de ce même mouvement qui m'agaça sans que je comprenne bien pourquoi, se braquèrent sur moi. Quoi ? Ils me pensaient devenue muette ?

Je ne mentirais pas en affirmant que je te comprends Gaïa. Je ne le peux pas. Quelque part je crois même que je ne le veux pas.
Mais....

Avait tenté d'intervenir la fille de Candy. La mienne ? Non, et c'est ce que j'entendais bien lui faire comprendre. Je ne voulais pas être brutale mais savais déjà que je ne pourrais que l'être. Il n'y a pas de manière douce de dire les choses de ce genre.  D'un autre côté, et pardon de prêcher pour ma paroisse, mais y a-t-il plus violent que de se réveiller un beau matin, ressuscitée et parfaitement inconsciente de ce que l'on a pu être un siècle plus tôt ? Je ne pense sincèrement pas. Alors, oui, peut-être bien qu'une partie de moi comprenait l'envie et le besoin de Gaïa de retrouver ses parents. Mais, pardon, essayait-elle de se mettre, ne serait-ce qu'une seconde, à notre place à Ethan et moi ?

Sommes-nous encore Kiriel et Candy ? D'un point de vue physiologique je pense que, en effet, nous le sommes.

Ethan qui haussait un sourcil avant que de laisser ses lèvres s'étirer en une ébauche de sourire confiant. Lui, comprenait déjà où je voulais en venir. Logique : après tout lui seul pouvait comprendre. Ces pas qu'il fit pour, d'une manière instinctive pourtant troublante, aller rejoindre ce petit meuble qu'il désigna d'un geste tandis que son regard allait s'ancrer à celui de Gaïa. Comme pour mieux lui demander cette permission qu'elle lui donna dans un haussement d'épaules las. Ces verres que mon compagnon trouva sans même avoir à les chercher... Parce qu'ils savaient où les trouver ? Et, là et pendant l'espace d'une seconde, je me mis à douter. Nous étions dans cette maison que Kiriel avait faite sienne. Chez Kiriel... Et, là, je voyais Ethan et Kiriel se superposer douloureusement devant mes yeux... et devant ceux, luisant de triomphalisme, de celle qui pourtant, grimaça quand elle vit mon compagnon s'allumer une cigarette. Quoi ? Kiriel ne fumait pas ? Ethan, si. Je laissais le temps à ce dernier de nous servir, à chacun, un verre avant que de poursuivre de ma voix douce et, je l'espérais, apaisante.

Mais pour le reste nous ne le sommes plus. Et, désolée de le dire aussi abruptement, nous ne le redeviendrons jamais.
Pourquoi ? Ridicule ! Personne ne peut nier ce qu'il est... ?
Ce que nous étions . La nuance est d'importance Gaïa.
Kiriel et Candy ont disparu au moment même où leurs cœurs ont cessé de battre... Tu ne peux pas comprendre ? Ou refuses-tu de comprendre ?

Avait cru bon de préciser celui à qui, même si je réprouvais le côté si direct et un brin agressif, je ne pus m'empêcher de sourire bien tendrement et en m'abandonnant à ce bras possessif et protecteur qu'il passa autour de ma taille.

Ethan...
Quoi ? Plus vite elle le comprendra et l'admettra plus vite elle pourra passer à autre chose. Et nous aussi !
Non mais tu te rends compte de ce que tu dis ? Comment veux-tu qu'aucun de nous puisse zapper et passer à autre chose ? Comment des enfants sont-ils sensés réagir lorsqu'ils retrouvent des parents qu'ils croyaient morts ?
Toi, toi, toi et encore toi ! Et, nous, tu t'es jamais demandé ce que Sarah et moi pouvions nous aussi éprouver ? Egoïste !
Egoïste, moi ? C'est vous les égoïstes ! Vous qui refusez d'affronter la vérité et votre propre famille ! Votre propre descendance ! Nous sommes vos enfants, vos petits enfants ! Et, au cas où vous auriez envie de l'oublier vous avez aussi deux arrières petits enfants !

Enfants... Petits enfants... Arrière petits enfants... Cette-fois c'en était trop pour moi. Et avant même qu'Ethan ait pu me retenir je m'éclipsais. M'enfuyais, je l'avoue. Oh je ne comptais pas aller bien loin... De toutes manières où aurais-je pu bien aller dans cette ville de Rome dont Candy connaissait les moindres recoins et où je me perdais à chaque fois où nous avions la folie d'y venir avec Ethan... Non, sortir me perdre dans la ville après les événements de ce soir eut été aussi stupide que suicidaire. Alors, et puisque cette maison semblait bien assez grande pour que je me déniche un petit coin où attendre que l'orage n'ait fini de gronder... Si mes calculs étaient bons, je ne devrais pas risquer de tomber sur qui que ce soit. Raziel et son compagnon Matteo, aussi froid qu'un iceberg celui-là, étaient occupés à faire je ne sais quoi je ne sais où... Au théâtre si je me souvenais bien ? Sans doutes pour avoir le plus parfait des alibis. Après tout c'était un secret de Polichinelle que, tous les deux, avaient repris la tête de la Résistance romaine après la mort de Kiriel... Et je ne m'expliquais d'ailleurs pas ce miracle qui leur permettait encore de jouir d'une telle liberté aujourd'hui encore ! Quoique...

Un rire d'enfant qui s'éleva et m'hypnotisa, m'attira irrémédiablement et aussi sûrement qu'il me creva le cœur. Je savais que j'aurais du faire demi-tour, m 'éloigner autant que possible de ce spectacle dont je devinais déjà trop bien la nature et qui ne ferait qu'enfoncer un peu plus le poignard de la frustration en mon âme déglinguée et paumée. Enfin... Si tant est que les êtres tels qu'Ethan et moi puissent encore posséder le moindre petit fragment d'âme ! Les ressuscités ramenés d'entre les Morts par les plus fous des savants récupéraient-ils leur âme en cours de route ? Ou se voyaient-ils dotés d'une toute nouvelle ? Il existait une troisième possibilité. Celle que je craignais bien trop d'envisager. Sans doutes parce qu'elle me paraissait la plus probable, malheureusement. Celle qui ferait de mon compagnon et moi des êtres dépourvus d'âmes. Terrifiant, non ?

Mais quelque part bien moins effrayant que de me voir, là et maintenant, confrontée à ma descendance. Maudite et bénie. Etrange et singulière. Mais tout ce qu'il y avait de plus réel. Eden était là. Dans cette chambre au seuil de laquelle je m'arrêtais, blême et interdite. Allongée à plat ventre sur le sol, la compagne de Roméo rayonnait. De bonheur et de sérénité alors que, juste devant elle, leur fils babillait joyeusement... et en faisant léviter entre eux le moindre de ses jouets. Sorcier le petit ? Evidemment. Mais sans doutes bien plus encore. Comme me le confirma ce regard , sombre mais aux reflets argentés qui vint, l'espace d'un battement d'ailes de papillon, se poser sur moi. Et c'est là que je les sentis. En lui comme en sa mère. En moi aussi ? Non, là je pense que j'hallucinais. Je devais halluciner ! Parce que revenir à la vie sans être foutue de tenir la moindre baguette en mains mais se voir squattée par ces choses... Comment dire ? Très peu pour moi, merci ! Je passe mon tour ! Mais avais-je vraiment le choix ? Ou est-ce que, comme l'affirmait si bien Gaïa, je n'étais pas tout bonnement en train de me leurrer moi-même ?  Le comble de l'ironie de ma vie nouvelle serait-il d'être revenue sans âmes mais avec un au moins un fragment d'Entité en moi ? La poisse !

Elle est très belle...

Avais-je murmuré sans pour autant encore me retourner et alors que je sentais derrière moi une présence troublante. Si proche de celle d'Ethan et, en même temps, tellement différente. Et mon cœur qui se paumait lui aussi, loupant plus d'un battement pour se précipiter l'instant suivant. Oh hé ! Il allait se calmer celui-là ?! Non, c'était à moi de me calmer. Et d'oser affronter les traits de celui qui, pour l'instant, gardait le plus pesant des silences. A la limite j'aurais presque préféré qu'il parle tiens... Au moins m'épargna-t-il la torture de me retourner pour me retrouver face au jumeau d'Ethan ! Enfin, il m'épargna... Disons que Roméo m'accorda un bien trop court répit lorsque, me dépassant sans me bousculer, il rejoignit sa famille. Eden qui, le voyant, se relevait pour mieux courir à lui et se jeter à son cou. Elle avait eu peur. Elle était heureuse de le retrouver. Il lui avait manqué. Il leur avait manqué. Ces baisers, pour le moins passionnés et indécents que les deux tourtereaux échangèrent et qui auraient du me faire détourner le regard... mais que je regardais fixement. Voyeuse ? A priori au moins un peu. Ou alors c'était le sentiment incongru et illégitime de confondre la réalité et le fantasme. De voir mon Ethan en embrasser une autre ? Pourquoi fallait-il que Roméo lui ressemble autant ! Maudite, je suis maudite ! Une petite voix, sournoise et moqueuse dans ma tête qui me susurrait que je l'avais toujours été. Ah... Ah... Ah... Je me marre ! Ou pas....

Quand Roméo, après avoir échangé quelques mots avec Eden, me rejoignit je déglutis. Difficilement. Pourtant je ne l'en suivis pas moins quand, me précédant, il me mena à une autre pièce. Un bureau apparemment ? Enfin, pour être franche, j'étais tellement déboussolée d'un coup qu'il aurait pu s'agir d'une cave, d'un grenier ou même d'un cagibi que je doute fort que je l'aurais remarqué ! Une sculpture, plutôt osée, représentant un Adonis moderne dont je ne pus que reconnaître les traits et que j'effleurais du bout de mes ongles alors que, du coin de l'oeil, je voyais Roméo nous servir un verre. Pourquoi tout le monde s'entêtait-il à me servir des jus de fruits ? Parce que Candy ne buvait pas, évidemment. Peut-être mais, moi, j'aimais bien ça.... Candy sculptait divinement bien ?

Au Refuge, lorsque nous faisons de la poterie, même les cendriers des enfants sont mieux réussis que les miens...

Ma manière à moi de lui repréciser, encore une fois, que je n'étais pas sa... grand-mère ? Par Merlin que cela cesse ! A force je ne savais plus qui était qui mais plus encore qui j'étais, moi ! Et, oui, cela me posait un sérieux problème. Et si j'avais, depuis belle lurette, renoncé à l'espoir de convaincre Gaïa et Raziel je ne désespérais pas de voir Roméo, lui, me comprendre. Après tout... lui aussi était décédé pour mieux renaître, non ? Lorsque son Entité, celle que visiblement celle que je fus avait largement contribué à créer, lui était revenue. Il savait ce que cela faisait, non ?

Pourrais-tu, s'il-te-plaît, demander à Asmaël de se la boucler et de cesser de jubiler ? Non, sa Mère n'est pas de retour !

Avais-je soupiré avant que de soupirer entre mes quenottes serrées et secouant la tête comme une marionnette désarticulée

Non mais va falloir arrêter avec ces histoires de filiation ! J'en peux plus moi !

Et, je ne le nierais pas, ce fut avec mon plus boudeur et agacé air peint sur mon visage de porcelaine, que je me retournais pour faire face à celui que je regardais en tentant de ne pas ciller. Cela lui faisait étrange, à lui aussi ? Alors qu'il imagine ce que cela me faisait, à moi, de voir se tenir devant moi le parfait sosie de mon Ethan ! Et de me dire que, oui et quelque part, il était mon descendant. Mon petit fils... Lui aussi officiellement plus âgé que moi. Punaise... Si je ne finis pas bonne à enfermer j'aurais de la chance moi !

En bas, des éclats de voix. Encore. Encore plus fort. Encore plus en colère aussi. Et moi qui vidais mon verre de jus de fruit pour mieux aller, de mon propre chef, le remplir de nouveau. Mais, cette fois, du plus pur des whiskies. Verre que je vidais d'un coup, un seul mais qui n'étancha pas pour autant ma soif. J'ai dit que j'allais finir folle ? Je finirais peut-être ivrogne en fait... Ou fumeuse invétérée ? Je n'aimais pas les cigarettes mais lorsque j'en allumais une, par pure provocation, je me surpris à en apprécier le goût. Candy ne fumait pas. Je fumerai ! Réaction aussi idiote que puérile mais qui, pour moi, me permettait de me distinguer de cette vie antérieure dont je ne voulais pas. Un autre soupir et un haussement d'épaules devant les mots que Roméo m'adressa alors que je le rejoignais et consentais à faire tinter mon verre contre le cristal du sien.  Ethan qui cria. Gaïa qui l'imita. Oui, ces deux là se ressemblaient ! Et, ça non plus je ne peux le nier, j'étais presque curieuse de voir lequel des deux finirait par avoir le dessus sur l'autre ! Et, en arrière fond, les rires mêlés d'Eden et du petit. Alessandro ? J'aimais bien ce prénom... Eden... Elle aussi devrait comprendre ce qu'Ethan et moi ressentions ! Et, par extension, Roméo aussi ! Et je ne me privais pas de le lui rappeler.

Je ne saisis pas Roméo... Que ton père et ta tante ne puissent pas nous comprendre... Limite je trouve cela légitime. Mais toi... Toi tu devrais comprendre ! Toi, tu es aussi revenu d'entre les morts ! Peux-tu vraiment me dire que tu es exactement le même qu'avant qu'Asmael ne vienne te trouver ?

Et, après avoir tout juste pris le temps d'inspirer un grand coup, j'ajoutais

Peux-tu sans mentir et en me regardant droit dans les yeux me jurer que ta femme elle non plus n'a pas changé après toutes ces fois où elle est déjà décédée ? Ca fait combien de fois d'ailleurs maintenant ?

Et, là, je confesse mon manque total de sens de l'observation. Car si je l'avais eu alors j'aurais vu la surprise pour ne pas dire l'incompréhension se peindre sur la tête de celui à qui je continuais d'asséner et en comptant sur mes doigts

Elle est morte après l'incident du théâtre. Lors de son accouchement. D'après ce fou furieux de Neil au moins une bonne quinzaine de fois après... A chaque fois qu'elle lui a tenu tête ou s'est refusée à lui ce qui, je parie, doit en réalité en faire bien plus d'ailleurs ! A, pour ça, elle est aussi bornée que moi ton Eden ! Remarques, je la comprends. A sa place j'aurais fait pareil ! Où j'en étais déjà ? Ah oui ! La dernière fois c'était quand ? Pas quand les Entités sont revenues quand même ? Non... C'était après mais, là, j'avoue j'ai perdu le fil...

Oui, je sais : parfois je suis longue à la détente ! Et là plus que jamais... Aurais-je fait une bourde ? A en croire la mine … comment dire... défaite peut-être... de Roméo il semblerait que oui. Sans un mot j'avais pris des mains du romain son verre, pas même encore vide, et était allée le remplir. A ras bord. Cela ne lui ferait peut-être aucun bien mais, aux vues des circonstances, cela ne pourrait pas lui faire de mal non plus ! Alors que je le lui tendais je grimpais sur le plateau en bois du bureau, les paumes de ma main posées bien à plat, mon regard ancré au sien

Je pensais que tu le savais...En fait, pour dire les choses autrement, je n'aurais jamais pu imaginer que tu l'ignorais !

Et j'étais sincère... Comment aurais-je pu ? Je veux dire... Un jour il faudra que j'apprenne, mais du genre vraiment, à tenir ma langue ! Et à ne pas énoncer à voix haute les questions qui ont la si fâcheuse habitude de fuser dans ma petite tête de serin... Les questions du genre ….

Je suppose qu'Eden l'ignore aussi, n'est-ce pas ? Je vois mal ce fou furieux de Neil mettre en danger ce qu'il pense être ses chances avec elle en lui contant par le menu comment il a pris son pied à la faire mourir pour mieux la voir renaître ensuite...

J'en avais encore trop dit ? Ou pas assez ? Sans doutes. Mais après tout Roméo avait le droit de savoir.  Et, quelque puisse bien être notre « accord » à Ethan et moi avec Neil cela ne justifiait en rien que je l'aide ! D'aucune manière, d'ailleurs...

Hé ! Tais-toi Asmaël ! Je ne t'ai pas demandé ton avis alors couché la bestiole ! On laisse les humains parler entre eux ! Merci.

Si Roméo ne me prenait pas pour une folle il allait peut-être commencer à le penser maintenant qu'il m'entendait parler à une chose invisible ? Probablement pas en fait. Vu que c'était quand même à son entité que je m'adressais. Cette petite vicieuse bavarde et grognon qui ne cessait de palabrer dans mon esprit la garce !

Toi aussi elle te parle ? Je veux dire, là maintenant tout de suite... Elle pérore aussi dans ta tête ?

Mes yeux qui, sans que j'en eus conscience, se paraient d'un éclat que je découvris dans ce reflet que le miroir me renvoya. Et me fit littéralement sursauter.

Que... Quoi ?!

Avais-je dit en m'approchant, incrédule, de cette surface étincelante qui, lorsque je l'effleurais du bout des doigts, sembla comme s'animer, devenir vivante. Cette-fois ce fut plus blême que le jour de ma mort que je reculais, la bouche plus grande ouverte que si j'eus été une carpe koi arrachée violemment à son bassin japonais !

Alors Gaïa avait raison... Une partie d'eux à survécu en nous...

Difficile de le nier maintenant... Impossible, même. Curieusement je le pris bien mieux que ce à quoi je m'attendais. Comme si, enfin savoir et être obligée d'admettre la réalité, me libérait d'un bien lourd fardeau. Pas sûre que le prochain soit plus léger mais bon... Fascinée autant que terrifiée par mon reflet je ne regardais Roméo qu'au travers du miroir. Ne m'étonnant ni ne m'effrayant plus même de voir son regard s'illuminer comme le mien. Et, là, je pouvais encore la nier notre filiation ? Non. Mais est-ce que cela changeait quoique ce soit à ma position ? Non plus.

Comment fais-tu pour la supporter ? Je me pensais bavarde mais Asmaël me bat à plates coutures ! Et, d'ailleurs : la ferme ! Je n'ai pas pactisé avec Neil  ou son fichu Nouvel Ordre ! Ni Ethan ni moi ne le ferons ! Jamais ! Tu te mets ça dans le crâne la bestiole ou faut que je le fasse pour toi ?

Là, elle commençait sérieusement à m'escagasser la bestiole ! Candy avait vraiment permis à ce bidule de voir le jour ? Eh bien, et de ce que j'en découvrais, ce n'était pas la plus franche des réussites ! Pourtant je savais que, même s'il ne l'exprimait pas encore avec autant de virulence que son Entité, Roméo aussi devait se poser plus d'une question. Après tout c'est lui qui, nous apercevant parmi les invités présents à la fête donnée par Neil, nous avait fait exfiltrer avant que nous ne soyons … blessés ? Tués ? Blessé, je savais que nous pouvions l'être. Tué, en revanche, ça je commençais à avoir de sérieux doutes sur la question ! Et ce silence qu'il continuait, pour ne pas dire s'entêtait, à m'opposer entre deux phrases aussi laconiques que possible...Disons que cela ne laissait présager que d'un torrent de questions. Celles qui, je n'en doutais pas, finiraient bien par franchir la barrière de ses lèvres. Et que je tentais de devancer....

Bien que cela ne devrait vous regarder en rien, ni toi ni aucun des tiens... Je vais te dire pourquoi Ethan et moi étions là ce soir. Neil voulait que nous lui ramenions Audrey. Je crois qu'il pensait que sa fille serait un atout pour tenter de convaincre Eden qu'il y avait encore du bon en lui ? Conneries oui ! Neil ne s'intéresse à la petite que depuis qu'il sait que Eden et toi attendez votre second enfant.

Rassurez-moi : ils le savaient, ça au moins, les deux amants plus que maudits ? Oui, bien sûr que oui ! N'est-ce pas ? Par contre, décidément c'était ma nuit « je suis la porteuse de scoops pas super rassurants », je doute que Roméo ait jamais su que son pire ennemi avait un enfant. Bah... maintenant il le savait. Tout comme il serait le premier à l'apprendre....et tant pis si Ethan me faisait la gueule pour avoir vendu la mêche

J'attends un enfant. Ethan et moi attendons un enfant. Et, cette-fois, je compte bien porter ma grossesse à terme ! Quoiqu'il m'en coûte.

 
« Cette-fois tu ne seras pas seule. Cette-fois je serai là. Cette fois nous serons toutes là ! Tout comme nous veillons sur chacun de nos enfants. Audrey, Alessandro, Faustine, Jeremiah... et les trois encore à naître. Ils sont vôtres comme ils sont nôtres. Nous sommes une famille, non ? »

Les Entités maniaient l'humour ? Je ne suis pas sûre que j'en savourais l'acidité...

Non ! Jamais mon enfant ne sera à vous ! Jamais !

Je crains fort que tu n'ais pas le choix ! Aucun de vous ne l'a vraiment d'ailleurs.

C'était moi où je venais de basculer en plein dans la quatrième dimension ? Et... Est-ce que je suis paranoïaque si je dis que les propos juste tenus par cette Entité, quelle qu'elle soit, n'avaient rien, mais alors vraiment rien de rassurant ? Et, là, il les trouvait toujours aussi sympathiques les Entités le Roméo ? Parce que, pour le coup, j'étais plutôt de l'avis d'Ethan moi !

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